Adapei. Danser, s’éclater et oublier le handicap le temps d’un après-midi

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Sortir, s’amuser, danser entre amis… Que l’on ait 20 ans, 30 ans ou plus c’est toujours un moment de convivialité… Moment que l’Adapei a eu envie d’offrir aux familles quelques jours avant Noël.

« Nous organisons régulièrement des sorties pour nos jeunes, ou nos moins jeunes d’ailleurs, car il n’y a pas d’âge pour s’amuser et profiter de la vie comme tout le monde ». Derrière son dynamisme et son sourire on sent toute la détermination que Marie-Françoise Le Gallo met dans ses propos et dans son combat pour que ses protégés soient intégrés le plus possible dans une société pas toujours à l’écoute. Présidente de l’Adapei, l’association départementale des amis et parents de personnes handicapées mentales, elle se bat depuis 30 ans pour que le handicap puisse être reconnu et gommé auprès des gens. « La différence fait toujours peur, mais en plus le handicap mental est toujours plus mystérieux et difficile à comprendre. On croit trop souvent que les troubles dont souffrent ses malades les rendent méchants. C’est totalement absurde, au contraire ils sont pleins de gentillesse ». Celle qui veut être le poil à gratter des administrations et des institutions, n’hésite pas à aborder les sujets qui fâchent. « On nous dit souvent que les personnes en situation de handicap coûtent cher, c’est intolérable et insupportable d’entendre de tels propos. Eux n’ont pas choisi leur vie, leur famille non plus. Pourquoi les stigmatiser ainsi ? La solidarité est pour nous un dû. Point ». Depuis des années, elle milite pour une meilleure intégration. « On fait des progrès, mais que c’est long », déplore-t-elle.

Bonne ambiance

Alors des sorties comme celle organisée samedi à la discothèque Le Nil à la sortie d’Auray, c’est avant tout un pied de nez au handicap et une façon de faire comprendre aux gens que l’on peut aussi s’amuser, danser, se retrouver entre amis malgré ce handicap. Et à en croire l’ambiance qu’il y avait samedi au Nil, on ne peut pas en douter une seconde. Programmé par une commission qui se réunit une fois par mois, ce moment de convivialité animé par un DJ en grande forme, a permis à une centaine de personnes âgées de 20 à 60 ans environ et venues de tout le département, de se retrouver dans une bonne humeur incontestable.

Comme tout le monde

Encadrés par de nombreux bénévoles, ils profiteront le mois prochain d’une autre animation. Durant toute l’année, sorties loisirs nature, musicale ou dans des parcs d’attraction sont proposés aux adultes handicapés intellectuels dont le point commun est d’être plus fragiles que les autres. Selon leur compétence, ils sont plus ou moins autonomes, peuvent ou non travailler, mais tous apprécient ces moments d’échanges. « Souvent les aléas de la vie les séparent, alors qu’ils ont fait une partie de leurs études ensemble. C’est un peu déstabilisant et ce genre de manifestation est l’occasion pour eux de se retrouver et de se raconter leur vie comme tout un chacun ». Reste encore un gros point noir, l’accueil des seniors. « On se bat pour mettre des structures adaptées en place mais là encore le chemin est semé d’embûches », regrette Marie-Françoise Le Gallo qui ne baisse jamais les bras et poursuit son combat.

© Le Télégramme

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